Compte a rebours

   
Toujours mobilisés, nous comptons les jours qui restent pour la concrétisation de la nouvelle grille de la Ligne L. C'est une première étape pour l'amélioration  de nos conditions de transport qui interviendra après trois ans de mobilisation avec vous tous !

La mobilisation de l'association, et de l'ensemble de ses référents représentatifs de toute la ligne, continue plus que jamais pour que les élus, le STIF et la SNCF poursuivent cette dynamique de reconstruction.        

Lettre ouverte : « Juillet noir » dans nos trains après un semestre cata.

« Juillet noir » sur la ligne L, après 6 mois cata. Lettre ouverte aux Responsables.

Les usagers n’en peuvent plus de toutes ces pannes à répétition.
En juillet comme les mois précédents, ils en ont subi les conséquences de plein fouet. La refonte des horaires en décembre ne permettra pas de réduire les casses matériels d’aiguillages trop âgés, de trains parmi les plus vieux de toute la région, de signaux qui se bloquent si souvent etc.
Nous disons STOP à la débâcle actuelle. Et demandons aux ministres de tutelle d’enfin engager la dynamique et les moyens nécessaires pour que la modernisation de la ligne, et du réseau Saint Lazare en général, change de braquet.

Vous aussi transférez ce courrier aux élus que vous connaissez, à vos élus, et demandez leur d’exiger un vrai engagement de la SNCF.
La ligne L transporte chaque jour autant de passagers que l’ensemble du réseau TGV français, il y a urgence à intervenir.

Arnaud, Kamel, et toute l’association Plus de trains

L’intégralité de la lettre ouverte (c’est assez long, on en a gros sur la patate.)

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Lettre ouverte à destination de :

Mme la Ministre de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie M. le Secrétaire d’Etat aux Transports
Directions générales SNCF Réseau et SNCF Mobilités
Direction générale Transilien, Direction Transilien Saint-Lazare
Exécutif et membres du conseil d’administration du STIF. Direction générale STIF
Copie :
M. Mmes les élus locaux des villes desservies par la ligne L du Transilien

Lignes L et U du Transilien, le 31 juillet 2015
Madame, Monsieur,

Après un début 2015 déjà très difficile, le mois de juillet a certainement été pour les usagers le pire mois que nous n’avons jamais connu. Avec notamment 3 journées extrêmement difficiles les 1er, 10 et 15 juillet. Pourtant, au-delà de leur trafic propre, la ligne L a un rôle stratégique pour pallier aux coupures programmées ou imprévues du RER A. Dès que celui-ci éternue, la ligne L, déjà malade, s’enrhume.

La crise empire sur la ligne L, jusqu’où allons-nous devoir tenir ?

Les usagers sont révoltés, les souffrances continuent à s’accumuler. Il faut toujours et encore se justifier : auprès de son patron le matin, auprès de la nounou, du centre de loisir le soir, etc.

Nos constats d’usagers sont sans appel depuis de nombreuses années. Déjà il y a deux ans, c’était aux usagers de prouver le calvaire que nous subissions, de faire reconnaitre que la ligne L était en crise. Nous savons que nombre d’employés de la SNCF cherchent à inverser la situation, mais à ce jour sans succès.

Nos preuves d’usagers sont maintenant rejointes par les statistiques officielles du STIF sur la ponctualité. Bien que nous ayons la plus grande prudence face à ces chiffres, ils indiquent désormais que la ligne L est durablement la pire ligne de tout le réseau RER/Transilien, avec une chute en avant qui ne cesse de s’étendre.

Une dynamique sur la réorganisation de la ligne

Le projet essentiel de refonte des horaires, demandé par l’association et les élus locaux, porté par l’association depuis deux ans, fruit d’une belle construction ensemble SNCF-élus-STIF-association, crée une dynamique positive sur l’organisation de la ligne. Tout a été entrepris pour qu’il apporte de très belles améliorations en décembre. Mais nous restons réalistes, il s’agit-là d’une transformation sur l’organisation. Elle permettra de réduire les retards habituels, de répondre aux besoins du banlieue à banlieue, de faciliter certaines gestions de crise, mais elle sera loin d’être suffisante pour rétablir la sécurité et la régularité sur notre ligne en réduisant enfin les gros retards. Ces casses matérielles, subies maintenant plusieurs fois par semaine, voire par jour, peuvent anéantir les bénéfices de la nouvelle organisation.

Pourtant, le contexte actuel confirme que la ligne L est clé, au delà de son trafic propre, et que la SNCF est capable de faire des efforts et de mettre des moyens humains conséquents quand elle prend la mesure de l’enjeu, comme le montre l’opération « Travaux RER A ».

Nous constatons par ailleurs que l’exploitation quotidienne de la ligne est en train de faire son aggiornamento : petit à petit les habitudes SNCF de rester coller à l’horaire s’effacent pour mieux tenir compte des flux, des besoins majoritaires de l’usager. Nous sommes convaincus que la méthode actuelle de suivi de la ponctualité par le STIF est inadaptée et constitue un frein à ces avancées positives, elle doit être revue.

Difficultés des derniers mois : Notre colère face à des justifications insincères

Parmi les grosses galères des dernières semaines, les trois après-midis noires des 1er, 10 et 15 juillet sont révélatrices de l’état de délabrement de Saint-Lazare :

- Sur le réseau francilien, seul le réseau Saint-Lazare a subi des casses répétées à cause de la canicule. Déjà lors de l'épisode de neige de mars 2013, c’était le réseau Saint-Lazare qui avait mis trois jours ouvrés à se remettre de 15cm de neige, là où toutes les autres lignes n’avaient souffert que 24h.

- L’argument des conditions extrêmes n’a que trop duré :

Il fait la même température sur les rails et caténaires de Saint-Lazare que sur ceux des réseaux Gare du Nord, Gare de Lyon ou Montparnasse, où les situations chaotiques sont bien moins fréquentes.

Par ailleurs les « conditions extrêmes » sont discutables : alors qu’il a effectivement fait très chaud le 1er juillet, les températures n’ont pas dépassé 27 degrés le 10 juillet, et 29 degrés le 15 juillet.
Le 5 juin, il faisait plus de 30 degrés ; le 3 juillet, nous dépassions les 34 ; le 4/07 il faisait 33, le 16/07, nous dépassions les 32.

Sur Saint-Lazare, nous devons désormais considérer comme extrême chaque écart de température à la hausse l’été, à la baisse l’hiver, chaque précipitation significative, notamment la neige, etc. Des conditions qui se répètent 10 à 15 fois chaque année ne sont plus extrêmes.

- La canicule a bon dos et révèle des techniques de com de la SNCF douteuses : l’usager doit connaitre les vraies raisons de ce chaos : la grande vétusté qui est en cause mais également une gestion des maintenances qui semble de plus en plus complexe dans le contexte de Saint-Lazare.

Notre conviction, c’est que le système actuel est à bout de souffle, que chaque écart le fragilise et augmente fortement la survenance d’une casse ou d'un problème :

- Durant les premières hausses de températures de 2015, ce sont les vieilles rames qui injectaient trop de graisse sur les rails, transformant certaines zones en patinoire. Quand on creuse auprès de spécialistes, on apprend que les nouveaux trains Franciliens sont bien plus précis dans l’injection de graisse, et donc ça ne patine pas ou bien plus rarement avec ces trains.

- Le problème sur les caténaires de Saint-Lazare révèle les mêmes failles : nous ne sommes pas surpris que des fils usés (car très utilisés) cèdent plus vite. Mais alors pourquoi la SNCF ne le savait pas et n’avait pas anticipé les travaux qui ont été mené dans une grande hâte la semaine du 18 au 24 juillet ? Ces travaux en totale urgence ont mené à la suppression de près de 40% des trains durant la pointe du soir, pendant 6 jours ouvrés. Un épisode peu glorieux.

Les cheminots, qui souffrent également de cette situation sur le terrain, pourraient multiplier les exemples des sources de chaos. Comme ce matin, 31 juillet, lorsque la branche Versailles a été coupée pendant 5h ce matin à cause d’un défaut de signalisation (alors que la SNCF a annoncé à tous sur les quais que c’était un « vol de câbles »...) La liste des soucis subis depuis 6 mois serait si longue.

Remise en état du réseau : nous n’avons plus confiance

Nous demandons que tous les acteurs des transports franciliens prennent enfin leurs responsabilités sur ces réseaux vétustes dont les usagers, et les agents SNCF, sont les premiers à en subir les conséquences :

- Il n’est pas normal que la SNCF soit juge et partie de ces lourds travaux de rénovation. Cela fait quatre ans que Saint-Lazare est soi-disant sous plan d’investissement massif. Les montants investis seraient passés de 35 à 165 MEUR en quatre ans. Pour quel résultat sur nos trajets ? Qui d’indépendant est capable aujourd’hui de dire si on nous colle de nouvelles rustines ou si les travaux s’inscrivent dans une vraie stratégie de court, moyen, long terme ? Sur quels critères sont menés les arbitrages et priorisations des investissements ?

- Le STIF, véhicule puissant au service des usagers des transports, n’a jusque-là pas voulu piloter, auditer, contrôler les travaux de SNCF Réseau pour moderniser l’infrastructure. Vu de l’usager, ce n’est pas compréhensible. L’Etat pourtant actionnaire, mais également doté d’un Ministère des transports, ne semble pas plus présent dans ce pilotage. Usagers et cheminots, nous payons plein pot les conséquences des casses. Nos représentants que sont l’Etat et le STIF doivent bien plus s’impliquer.

- Stop aux effets d’annonce sans explications, les usagers n’ont plus confiance. les derniers trimestres ont été trop terribles. Nous demandons que les remises en état suivent une nouvelle gouvernance et soient réalisées dans une plus grande transparence :

Une cellule de crise doit être constituée avec des représentants des différentes parties prenantes, y compris les usagers et les représentations syndicales. Un vrai plan d’urgence de refontes des infrastructures et des dispositifs de gestion de crise doit être mené dans les plus brefs délais.

Un dispositif permanent d’audits - indépendant de SNCF Réseau - doit être mis en place pour que chacun puisse connaitre l’état réel des infrastructures, connaitre tout ce qui doit être refait et le comparer à ce qui est fait, et enfin puisse suivre les orientations et évolutions.

Les choix d’investissements, les priorités, la trajectoire proposée par SNCF Réseau doivent s’inscrire dans cette gouvernance de crise pour y être partagés et priorisés.

La ligne L transporte chaque jour autant de passagers que l’ensemble du réseau TGV français : le service public ne doit rien cacher.

Vu l’état de la ligne, il est inacceptable que le schéma de secteur ait un an de retard

Au-delà de la remise à niveau, nous sommes furieux de constater que la modernisation de la ligne est au point mort. Nous avons porté ce sujet, travaillé d’arrache-pied avec des cheminots bénévoles pour contribuer au débat des améliorations nécessaires. Une réunion de concertation de qualité s’est tenue en juin 2014, avec RFF, SNCF Transilien, l’association Plus de trains et le STIF, dans les bureaux de ce dernier. Il y eu consensus sur de nombreux projets, notamment pour améliorer la gestion de la ligne en situation perturbée. Un comité de ligne nous a été promis à la rentrée 2014 pour présenter ce schéma de secteur. Ce schéma, et son comité de présentation, ont plus d’un an de retard.

Vu l’état de la ligne, vu surtout l’état de ses usagers et des cheminots, c’est inacceptable. Nous nous estimons roulés dans la farine quand on nous explique qu’on ne peut pas avancer sur les projets d’aiguillages à horizon 2-5 ans car on n’est pas sûr du profil de la ligne à horizon 30 ans. Pendant qu’on discute dans les bureaux techniques, les galères continuent sur les quais. Certains chantiers sont indispensables à notre sécurité et doivent avancer au plus vite. On ne peut, par exemple, dénombrer les situations ces derniers mois où tant d’usagers auraient moins galéré si la SNCF avait pu acheminer ses trains depuis Versailles ou Cergy jusqu’à Bécon avec l’ajout de quelques aiguillages. Les agents SNCF le demandent, qu’attend-on ? Le schéma de secteur et le schéma directeur doivent être entérinés au plus vite, et phasés si besoin.

Il faut des plans pluri-annuels sur cette ligne, il faut décloisonner

Enfin, en tant qu’usagers mais aussi en tant que contribuables, nous ne pouvons-nous satisfaire que les travaux de remise à niveau soient menés sur une gouvernance si distincte des travaux d’amélioration des schémas de secteur et schéma directeur. Par exemple, sur la zone de Bécon, tous les anciens aiguillages de la zone seront remplacés en 2016. Il aurait été globalement moins couteux que la société de travaux ajoute les nouveaux en même temps. Il y a un chantier de modernisation de la signalisation sur 5 ans autour de Bécon (près de 80 MEUR !...) qui doit s’achever en 2017. Nous sommes convaincus que mêler de front remise à niveau et amélioration permettrait d’aller plus vite dans la sécurisation de la ligne et de faire de sérieuses économies.

Active depuis 2013, l’association a montré qu’elle savait dépasser la critique pour entrer dans de vraies démarches constructives. Ce cri d’alarme sur l’état des infrastructures et l’absence de chantier de modernisation est dénué de toute arrière pensée électorale : les usagers de la ligne n’en peuvent plus et une mobilisation au delà des clivages politiques est vitale. La situation est complexe, elle va être difficile à inverser : il faut agir et changer de méthodes. Et c’est à vous, SNCF, STIF, Région et Etat d’impulser et permettre ce changement.

Arnaud Bertrand, Président
Kamel Zaoui, Secrétaire général
Association Plus de trains pour la Défense. contact@plusdetrains.fr